Partie seule ? Pourquoi ? Pour qui ?

Si on m’avait dit qu’un jour moi, Lora la trouillarde, j’écrirai un article sur le fait de voyager seule, je vous aurais ri au nez ! Et pourtant j’ai déjà passé le cap du voyage en solo en 2016 et je m’apprête à récidiver en 2019. Mais cette envie me trottait pourtant dans la tête depuis bien plus longtemps !

Mon expérience du voyage solo

En 2012, j’ai failli me lancer et m’étais alors renseigné pour passer plusieurs semaines seule en Californie en école de langue dans le but d’améliorer mon Anglais, évidemment cette école était surtout une excuse pour vivre l’American Dream dont j’ai si souvent rêvé. je ne me sentais finalement pas du tout prête à vivre tout ça seule et ce questionnement me faisait beaucoup trop peur pour oser me lancer. L’hiver 2014-2015, mes études finies, j’ai eu l’envie de partir en Interrail, faire le tour des grandes capitales Européennes. Encore une fois, je me suis dégonflée. Dormir dans des auberges, avec d’autres voyageurs, passer des nuits dans les trains… très peu pour moi. Je me suis simplement dis que je n’étais pas faite pour les voyages en solo. J’aurai aimé être le genre à n’avoir peur de rien, à me contenter de peu, d’un matelas au sol et de quelques euros. Mais ce n’est pas moi. J’ai finalement arrêté de réfléchir à ces voyages en solo et j’ai continué à voyager en couple ou en famille.

Mais finalement en 2016 je me suis à nouveau réveillée avec cette idée. Pourquoi pas partir seule à New-York ? Je voulais impérativement retourner à New-York suite à mon séjour de l’année passée, et personne ne voulait y retourner avec moi. J’avais déjà plusieurs gros voyages dans les pattes à ce moment là, alors ce n’était absolument pas la peur de ne pas pouvoir me débrouiller seule à l’étranger qui me rongeait. C’était plutôt la peur de l’inconnu, la peur pour ma propre sécurité aussi. Toutefois, l’envie de partir découvrir le monde seule, sans faire de concession, sans me sentir coupable de m’arrêter toutes les 20 secondes pour faire une photo, sans faire des sacrifices sur certaines visites, me tentait grandement.

Après avoir bien tergiverser je me suis dis que la seule solution était de me lancer. Pour un premier voyage en solo, New-York a été pour moi l’idéal. Plonger dans un pays que j’adore, dans une ville que j’avais déjà eu l’occasion de découvrir, dans une langue qui ne m’était pas inconnue et dans un endroit tout sauf désert, m’a permis de me sentir en sécurité et de passer le cap. Je vous avoue tout de même qu’après avoir pris les billets j’ai été remplie de plein de questions et de plein d’angoisses. Mais tout cela a vite été éclipsée lorsque j’ai commencé à organiser mon voyage. La veille du départ j’en menais pas large, mais après avoir mis un pied dans l’avion, ça y est, c’était parti. Ce voyage en solo m’a donné l’occasion de rencontrer plein de personnes que je n’aurai sûrement jamais rencontré en étant accompagnée. Des gens seuls il y en a un paquet, on n’y fait pas très attention et encore moins lorsqu’on voyage à plusieurs mais le voyage solo est très répandu et concerne toutes les régions du globe.

Le voyage solo… pour qui ?

Avant de répondre à la question du « qui », je vais répondre à la question du « où et comment ? ». On lit beaucoup sur Internet qu’il semble plus simple, pour voyager seul(e), de commencer par l’Asie du Sud-Est en raison de la facilité de déplacement pour les voyageurs solitaires mais aussi pour le prix de la vie relativement bas. La plupart des routards vous indiquerons les meilleures auberges de jeunesse et marques de sac à dos pour votre voyage. Ce n’est pas mon cas. Rien ne vous oblige à dormir à 12 dans le dortoir d’une auberge de jeunesse si vous ne voulez pas. Voyager seule n’est pas forcément synonyme de « routard » au sens où tout le monde l’entend, de petit budget, de voyage « low cost ». Et ça j’ai commencé à le comprendre rapidement.
Lors de mon séjour à New-York je n’avais aucune honte à dormir en plein cœur de Times Square dans un hôtel de grande chaîne. Certes, le budget était conséquent mais en dehors de cette question financière il n’est en rien bizarre de se retrouver seul à l’hôtel. Il faut dire que mes soirées new-yorkaises ont été très occupées que je n’ai quasiment pas eu le temps de me poser dans ma chambre. Sachez bien une chose, il n’existe pas qu’une seule sorte de voyage, on est pas obligé de rentrer dans des cases « voyageur luxe », « routard ».. l’important est juste de vivre son voyage de la meilleure manière qui soit.
En ce sens, le voyage solo peut être bénéfique pour tout le monde pour peu qu’on soit un tout petit peu débrouillard. Pour certain il sera une échappatoire au train-train de la vie, pour d’autres simplement une expérience à vivre, comme une fierté, pour d’autres ça sera une révélation, une découverte de soi, de ce qu’il est possible d’accomplir lorsqu’on est mis face à face avec soi-même.

Le voyage en solo peut faire peur à ceux qui n’ont pas l’habitude d’organiser leurs voyages, ceux qui aiment « suivre », mais il peut grandement vous surprendre et vous faire grandir. On n’est inconscients de nos capacités jusqu’au jour où nous devons les utiliser.

Vous avez peur de vous sentir vraiment seul et de ne pas arriver à gérer une fois sur place ? Rien ne vous oblige à partir à l’autre bout du monde, vous pouvez commencer par une destination proche, en France ou en Europe pour prendre un peu confiance.

Et maintenant ?

J’ai décidé de remettre le couvert en 2019, toujours pas de sac à dos, toujours pas de voyage low cost, toujours pas d’auberge de jeunesse. Cette fois c’est pour Singapour que je m’envolerai en Septembre 2019, moi et mes petits goûts d’Européenne fragile pour une petite semaine dans cette cité-état. Peut-être qu’un jour j’aurai envie de partir plus longtemps et donc de sacrifier la qualité des vols ou de l’hébergement ? Pour l’instant je préfère voyager moins mais de façon plus « luxueuse » que l’inverse. Un jour peut-être que je changerai d’avis ? Pour l’instant je vous démontre simplement qu’on peut voyager seule, avec une valise, dormir dans un hôtel et profiter quand même du pays, de sa culture et de ses habitants.

Alors si vous en avez envie, même si vous avez peur de vous lancer, ne laissez pas les clichés vous dicter votre conduite, lancez-vous !